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Allo les renseignements ? Oui mais lequel ?
Par Florian BETRENCOURT
Vieux de plus de 65 ans, notre très célèbre numéro de renseignement, le " 12 " détenu par France Télécom, ne répondra plus aux utilisateurs de façon définitive à partir du 3 avril 2006. Afin de le remplacer, 56 numéros à six chiffres, commençant tous par " 118 ", ont vu le jour le 2 novembre dernier. Les usagers disposeront donc de quelques mois pour se familiariser avec l'ensemble de ces nouveaux numéros, la période de transition étant approximativement de 5 mois.
Face à l'ancienne domination et hégémonie du " 12 " dans le secteur du renseignement, ce sont donc pas loin de 27 opérateurs différents qui se sont vus attribuer un ou selon les cas plusieurs numéros " 118-XYZ " tous associés à un nouveau service du même ordre. L'objectif annoncé étant relativement clair : rendre possible la concurrence dans un domaine jusque là monopolisé par France Télécom. Pourtant, cette opération oblige désormais le consommateur à choisir parmi un panel relativement large de numéros de renseignement, dont la qualité des services ainsi que la transparence des tarifs n'ont pas encore été prouvé. Quels sont donc les différents numéros mis à votre disposition pour vous permettre d'accéder à un tel service ? Que craignent les associations de consommateurs à l'égard de ce nouveau phénomène ? Le " 118 " sera-t-il capable d'être moins cher que notre célèbre " 12 " jusqu'à présent tant usité ?
" 118 " : 56 numéros signifient en un mot : " complexité " !
" 56 " : c'est le nombre de services de renseignement téléphonique à ce jour disponibles et mesuré par le ministère de l'Industrie en décembre dernier, si l'on omet bien évidemment le " 12 " de France Télécom qui sera le 3 avril 2006 amené à totalement disparaître. L'objectif qui était d'ouvrir le secteur à une plus grande concurrence semble donc très largement atteint. Pour preuve, un grand nombre d'opérateurs et d'éditeurs se sont littéralement bousculer pour tenter d'imposer leur service sur ce véritable nouveau marché. Tous partageront le même préfixe : " 118 ", un nombre certes à retenir mais qu'il faudra accompagner d'un inévitable suffixe lui-même à 3 chiffres. Les 118-XYZ semblent donc déjà rien qu'à ce titre beaucoup plus compliqués que l'unique 12 avec un premier rapport de " 6 chiffres à retenir contre 2 ". Inutile également de préciser qu'une multiplication par 56 pourrait rendre le rapport encore plus déséquilibré qu'il ne l'est.
Au total, les 27 sociétés concernées se sont vues attribuer leurs numéros respectifs par tirage au sort, afin de ne privilégier aucun des 56 appels possibles. Certaines sociétés auront pour objectif de devenir le numéro 1 en terme de renseignement téléphonique vocal alors que d'autres à l'instar du 118-777 de SFR ne représenteront qu'un service de plus accessible aux abonnés. Parmi l'ensemble des numéros, citons : le 118-000 détenu par Telegate, le 118-007 d'Allo Botin, le 118-008 correspondant aux Pages Jaunes, ainsi que les 118-712 et 118-777 détenus respectivement par Orange et SFR. Notons que tous les numéros 118 pourront être utilisés à la fois dans le cadre d'un appel fixe ou mobile.
Principal apport résultant de cette opération : l'utilisateur pourra avoir accès au nouvel annuaire universel, dont la création a été décidée par l'ART à l'occasion de la réforme des renseignements téléphoniques. Ce nouveau service offrira la possibilité à celui qui le souhaite et qui le demande lors d'un appel 118, d'acquérir à la fois les numéros fixes et mobiles des correspondants, si ces derniers ont accepté d'être listé. Dans l'ensemble, précisons que la décision de l'ouverture du renseignement à la concurrence en France n'est que le reflet de ce qui a été effectué précédemment en Allemagne ainsi qu'en Angleterre, même s'il est vrai que la réussite de cette privatisation dans ces deux pays s'avère largement contestée. Pour preuve, en Angleterre, le volume des appels vers les services de renseignement a connu, depuis cette privatisation, une véritable diminution.
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