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Santé et Téléphonie mobile : une problématique relative au domaine du risque !
Par Florian BETRENCOURT
Véritable phénomène de société, la téléphonie mobile ne cesse encore aujourd'hui de se développer. Alors qu'apparaissent de nouvelles technologies de plus en plus innovantes, les mobiles font désormais partie intégrante de la vie d'une très large majorité de français. C'est à ce titre que la question des risques en matière de santé, liée à l'usage de nos téléphones se veut particulièrement préoccupante. Les enjeux en la matière sont en effet multiples car, à un véritable risque sanitaire, s'ajoute des questions relatives à la mise en place de politiques publiques de prévention ainsi que plus largement d'énormes intérêts commerciaux.
Les premières études portant sur les effets des ondes de nos terminaux n'aboutissent pas à des conclusions claires, soulignant par là même la présence réelle d'un risque sanitaire, toutefois aujourd'hui encore mal défini. A cela s'ajoute une certaine ambivalence, puisque chaque acteur concerné, qu'il s'agisse d'associations pour la défense de l'environnement ou encore des différents opérateurs, cherchera, selon les intérêts en vigueur, à défendre des études souvent contradictoires sur les effets potentiels des ondes sur notre santé. De part sa nature scientifique et sociale relativement complexe, aucune connaissance objective n'est donc à ce jour à même de répondre de manière claire à la question suivante : " le téléphone mobile nuit-il à notre santé " ? Par son importance, une question qui a pourtant le mérite d'être posée…
Un premier bilan en matière de risque plutôt rassurant qui sème pourtant le doute !
Les téléphones mobiles utilisent nécessairement des ondes radio, permettant la réception et l'émission de nos différents appels. Les premières études portant sur ces ondes spécifiques et leurs effets potentiels sur notre santé, remontent déjà à une dizaine d'années et sont restées sous l'égide d'un véritable consensus scientifique, regroupant à la fois différents groupes d'experts et l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé). Ces premières études aboutiraient à des conclusions plutôt rassurantes. L'Association Française des Opérateurs Mobiles (l'AFOM), regroupant Bouygues Télécom, Orange et SFR depuis 2002, met d'abord en relief l'idée que " les antennes relais sont sans danger pour la santé des riverains ", alors que l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (l'Afsse) affirme que " les travaux épidémiologiques et surtout les travaux expérimentaux récents sur les effets de l'exposition aux ondes émises par les téléphones mobiles ne permettent pas de conclure à leur caractère nocif, en l'état actuel des connaissances ".
Pourtant, ce premier bilan s'accompagne d'un certain nombre de sous-entendus qu'il s'agit de considérer. D'abord, les opérateurs se doivent de respecter des seuils réglementaires en matière d'ondes radio, définis et préconisés par la Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements Non-Ionisants, et plus largement l'OMS. Les antennes relais seraient donc effectivement sans danger seulement lorsque les niveaux d'exposition se situent sous le seuil légitimé. A ce titre, les opérateurs se sont engagés à respecter le décret du 3 Mai 2002, réglementant les seuils d'exposition aux ondes radio, et limitent, en collaboration avec les fabricants, les terminaux à des " débits d'absorption spécifique " (DAS) inférieurs à la limite de 2W/kg. Rappelons que le DAS, permet de mesurer la puissance absorbée des ondes radios par le corps de l'utilisateur, en watt par kilogrammes. L'ensemble de ces réglementations relativise donc ce premier bilan ainsi que certaines affirmations de l'OMS, qui comprises indépendamment des normes en vigueur pouvaient très vite aboutir à l'idée de l'absence pure et simple d'effets néfastes des ondes sur notre santé. Ainsi, " aucun effet négatif pour la santé n'a jamais été établi à des niveaux d'exposition inférieurs aux seuils recommandés au plan international " (janvier 2004, d'après l'OMS).
Aussi, il s'agit de prendre en compte l'idée que l'absence de preuves d'effets négatifs des ondes radio sur notre santé ne signifie en aucun cas une preuve de l'inexistence de liens entre ces deux éléments. En effet, les conclusions disons positives des grands organismes étaient dépendantes de " l'état actuel des connaissances ", soulignant par là même le caractère tout relatif de ces dites conclusions. C'est d'ailleurs à ce titre que sous l'égide de l'OMS et des principaux groupes d'experts, se poursuivent de nouvelles recherches scientifiques en matière de santé et de téléphonie mobile.
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