Déblocage mobile, piratage ou opération légale ?

 

Publié le 01/10/2007 par Florian BETRENCOURT

Déblocage mobile Piratage ou opération légale  

L’arrivée sur le marché américain de l’iPhone, le premier terminal développé par Apple, représente sans aucun doute l’évènement 2007 du marché de la téléphonie mobile. L’appareil révolutionne en effet ce marché grâce à ses nombreuses fonctionnalités multimédia, mais aussi par son écran tactile : la tendance inéluctable des mobiles d’un proche avenir. Toutefois, et au-delà des qualités inhérentes au terminal, l’iPhone suscite encore aujourd’hui l’intérêt médiatique par la résurgence d’un sujet, traditionnellement accolé à l’univers des polémiques : le déblocage.

Alors que les portables restent la plupart du temps proposés chez les opérateurs « verrouillés » en vue de permettre à ces derniers d’amortir l’investissement des téléphones qu’ils subventionnent, la possibilité il y a peu de pouvoir désimlocker le terminal à écran tactile d’Apple a relancé en cette rentrée 2007 la polémique et les débats relatifs à l’illégalité ou non de l’opération.

Pour quelles raisons les opérateurs de téléphonie mobile verrouillent-ils en effet à leur réseau les portables lors de leur commercialisation ? Quels sont les différents types de blocages possibles ? Comment désimlocker de façon légale son appareil et peut-on réellement affirmer qu’il s’agit là d’une opération de piratage ?

Pour quelles raisons les opérateurs verrouillent-ils les terminaux ?

En France, comme dans les autres pays, les opérateurs de téléphonie mobile commercialisent les terminaux développés par les nombreux constructeurs du secteur. En vue d’attirer et de fidéliser une clientèle, les opérateurs proposent généralement les téléphones bien moins chers que leur prix de vente officiels. Il s’agit là d’un véritable investissement effectué par ces acteurs de la téléphonie mobile et de nombreux accords les lient régulièrement avec les différents constructeurs. La tendance sur le marché est la suivante : plus le forfait souscrit par l’abonné sera important, moins cher sera proposé le terminal désiré : une manière quelque part de générer de nouveaux abonnés pour les opérateurs, et aux constructeurs de trouver une demande répondant à leur stratégie commerciale. Déblocage mobile Piratage ou opération légale Les nouveaux mobiles trouvant donc demande, et les opérateurs parvenant à renouveler les abonnements de leurs clients : Quoi de plus beau dans le meilleur des mondes ?

Comment les opérateurs parviennent-ils à amortir l’investissement qu’ils effectuent pour tel ou tel modèle de téléphone mobile ?

Un opérateur peut en effet vendre un modèle moins cher que  son prix d’achat effectué auprès du constructeur. La principale source de revenu restant dans le cadre des kits prépayés les appels effectués par les clients, et du montant des abonnements dans le cadre des autres offres, les opérateurs de téléphonie mobile se doivent d’être liés à la fois aux clients et à leurs terminaux pour réaliser leur chiffre d’affaire. La solution trouvée est ici simple : verrouiller le terminal commercialisé au réseau de l’opérateur. Il s’agit ici d’une première forme de « blocage mobile » : le verrouillage réseau. Il rend tout simplement inutilisable le terminal sur un réseau concurrent et empêche les utilisateurs d’utiliser les cartes SIM d’autres opérateurs : un moyen par ailleurs pour le moins efficace pour lutter contre le fléau des vols de terminaux et autres fraudes en tous genres.

« Blocage », « Simlockage » ou « Verrouillage » ?

Déblocage mobile Piratage ou opération légale Plusieurs types de blocage existent dans le monde de la téléphonie mobile qu’il s’agit ici de ne pas confondre. Le premier est strictement relatif à la carte SIM : on parle ici officiellement de « blocage », ou de blocage SIM. Rappelons en effet que la carte SIM, Subscriber Identity Module, est indispensable pour accéder au réseau. Elle permet d’identifier le consommateur et enregistre les informations relatives au réseau et à la formule contractée par le client. La carte SIM est généralement protégée par un code PIN, Personal Identification Number. Au démarrage de votre terminal, il vous ait généralement demandé d’insérer votre code PIN. Après trois échecs d’écriture : le « blocage » intervient et ici il n’est plus possible d’utiliser votre mobile. Il vous est bien sûr possible de réactiver votre carte grâce au code PUK mais l’opération nécessitera un appel payant auprès de votre opérateur et bien évidemment facturé par ce dernier.

Se distingue de ce premier type : le « verrouillage » qui concerne lui le réseau. On parle également de verrouillage réseau. Ce type de mesure est un mécanisme en effet qui se doit d’être différencié du « blocage » qui concerne la carte SIM. Le « verrouillage » du portable est lui réalisé par l’opérateur de téléphonie mobile lors de l’achat du portable. C’est lui qui rend inutilisable le portable sur un autre réseau. Il constitue dans ce cadre une sécurité pour l’opérateur contracté là où le blocage représente une sécurité pour le consommateur (contre le vol de mobiles notamment).

Que désigne finalement le « Désimlockage ». Selon l’ARCEP, l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes, le désimlockage désigne l’opération permettant de déverrouiller le terminal, c'est-à-dire de mettre fin au « verrouillage réseau » du téléphone opéré par l’opérateur. Malgré son appellation, iDéblocage mobile Piratage ou opération légale l ne concerne donc en aucun cas le blocage SIM. C’est d’ailleurs ce désimlockage qui suscite actuellement les différentes polémiques entourant l’iPhone, le terminal d’Apple.

Notons à ce titre que les débats générés sur la légalité ou l’illégalité de l’opération restent souvent largement dépendants d’une confusion opérée par le grand public et autres protagonistes du secteur entre les différentes notions exposées précédemment : l’appellation du « déblocage mobile » (usitée par de nombreuses entreprises) servant à désigner générallement et à tort le désimlockage, alors que cette opération  ne concerne pas le blocage de la carte SIM (liés aux vols notamment) mais bel et bien  la limitation réseau du téléphone. Il s’agit ici d’une occasion parfaite pour susciter de véritables raccourcis tels que « Débloquer, c’est pirater » ou « Débloquer, c’est illégal »  et de nourrir l’inquiétude du grand public sur la question de l’illégalité du désimlockage.

 
 
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