Aux États-Unis, trois smartphones sur quatre vendus sont désormais des iPhone

Le marché américain du smartphone traverse une période paradoxale. D’un côté, les ventes globales reculent nettement sous l’effet d’un contexte économique tendu et d’un ralentissement des renouvellements d’appareils. De l’autre, Apple continue d’avancer à contre-courant. Au premier trimestre 2026, la marque californienne a non seulement résisté au repli du marché, mais elle a surtout renforcé sa domination historique aux États-Unis grâce au succès de la gamme iPhone 17.
D’après les dernières données publiées par le cabinet Counterpoint Research, les ventes d’iPhone ont progressé de 1,3 % sur un an aux États-Unis durant le premier trimestre 2026, alors même que le marché américain du smartphone chutait de 5,7 %. Dans le même temps, les ventes de smartphones Android ont plongé de 14,4 %, accentuant encore davantage l’écart entre Apple et ses concurrents.
Cette dynamique permet à Apple de franchir un nouveau cap symbolique : l’iPhone représente désormais 75 % des ventes de smartphones réalisées chez les trois principaux opérateurs américains (Verizon, AT&T et T-Mobile) contre 72 % un an plus tôt. Autrement dit, trois smartphones sur quatre vendus via les principaux réseaux américains sont aujourd’hui des iPhone.
L’iPhone 17 tire la croissance d’Apple
Le principal moteur de cette performance reste la gamme iPhone 17. Apple a bénéficié d’une demande particulièrement forte pour ses nouveaux modèles, y compris pour l’iPhone 17 standard, dont les ventes auraient largement dépassé les attentes internes de la marque.
Selon Counterpoint, plusieurs éléments expliquent cet engouement. Apple a rapproché son modèle classique des versions Pro avec des améliorations longtemps réservées au haut de gamme : stockage de base porté à 256 Go, écran 120 Hz à taux de rafraîchissement variable, améliorations photo et montée en puissance générale des performances.
Le succès de la gamme a également été amplifié par les difficultés d’approvisionnement rencontrées fin 2025. Les contraintes de production liées à la forte demande mondiale ont prolongé les achats sur le début d’année 2026, créant un effet de report favorable à Apple durant le premier trimestre.
La firme de Cupertino a même dû revoir son mix de production face à une demande plus forte que prévu pour le modèle de base de l’iPhone 17.
Samsung pénalisé par le retard du Galaxy S26
Dans le même temps, Samsung a laissé un espace inhabituel à Apple sur le segment premium américain. Le constructeur sud-coréen a repoussé le lancement de sa gamme Galaxy S26 à la mi-mars 2026, alors que ses précédents modèles étaient traditionnellement dévoilés en janvier ou février.
Ce décalage a créé un vide commercial pendant plusieurs semaines sur le haut de gamme Android, une situation dont Apple a pleinement profité.
L’analyste Tyler Graham résume ainsi la situation : « Le marché des smartphones haut de gamme aux États-Unis est très concentré par rapport à d’autres marchés. Apple, Google, Samsung et, dans une moindre mesure, Motorola représentent la grande majorité des ventes. Lorsqu’une marque retarde le lancement de son modèle phare, cela ouvre une fenêtre d’opportunité. Apple l’a parfaitement exploitée. »
L’impact est particulièrement visible chez Verizon, où Apple a atteint 77 % des ventes de smartphones au premier trimestre 2026.
Un marché américain sous pression
Si Apple progresse, le contexte général reste pourtant compliqué pour l’industrie mobile américaine. Le recul global du marché de 5,7 % traduit un ralentissement des dépenses des consommateurs dans un environnement économique marqué par l’inflation persistante et la hausse des coûts du quotidien.
Le segment entrée de gamme est particulièrement touché. Habituellement, la saison des remboursements fiscaux constitue un moment fort pour les ventes de smartphones prépayés aux États-Unis. Cette année, cet effet saisonnier n’a quasiment pas joué.
Selon Counterpoint, de nombreux ménages modestes ont préféré utiliser leurs remboursements d’impôts pour payer leurs factures ou rembourser leurs dettes plutôt que pour renouveler leur téléphone.
La hausse des prix du carburant et la pression sur le pouvoir d’achat ont également pesé sur les ventes des appareils à moins de 100 dollars.
Motorola et Samsung profitent de la consolidation du bas de gamme
Dans ce contexte difficile, le marché américain se concentre progressivement autour de quelques grands acteurs capables d’absorber la hausse des coûts des composants mémoire et des semi-conducteurs.
Sur les canaux prépayés comme Cricket ou Metro, Samsung et Motorola gagnent du terrain pendant que les acteurs plus modestes reculent. Des marques comme TCL, HMD, Blu, Orbic ou encore certains fabricants de smartphones en marque blanche peinent à maintenir leurs marges face à l’explosion des coûts mémoire liée à la demande mondiale alimentée par l’intelligence artificielle.
Motorola et Samsung apparaissent aujourd’hui comme les principaux bénéficiaires de cette consolidation sur l’entrée de gamme américain, notamment grâce à leur puissance marketing et à leurs accords avec les opérateurs.
Chez Cricket, Samsung et Motorola ont chacun gagné six points de part de marché sur un an. Même tendance chez Metro, où Motorola continue de progresser fortement.
Apple maintient ses prix malgré la hausse des coûts
L’un des éléments les plus remarqués par les analystes concerne la stratégie tarifaire d’Apple. Alors que plusieurs fabricants Android ont relevé leurs prix en raison de la hausse des coûts mémoire, Apple a choisi de maintenir le tarif de l’iPhone 17e tout en doublant son stockage de base à 256 Go.
Cette approche permet à Apple de renforcer encore l’attractivité de son écosystème iOS, quitte à réduire légèrement ses marges matérielles à court terme. La firme semble privilégier une logique de fidélisation et de croissance des revenus liés aux services.
Counterpoint estime que cette stratégie pourrait soutenir la croissance d’Apple jusqu’en 2027, d’autant que l’entreprise continue de dominer les investissements promotionnels chez les opérateurs américains sur les smartphones premium à plus de 600 dollars.
Apple aurait même surpassé Samsung sur les indicateurs de puissance promotionnelle au premier trimestre 2026, pendant que Motorola et Google progressaient également sur ce terrain.
L’iPhone 17 domine aussi les ventes mondiales
La dynamique observée aux États-Unis se retrouve également à l’échelle mondiale. Selon les estimations de Counterpoint, l’iPhone 17 est devenu le smartphone le plus vendu au monde au premier trimestre 2026, représentant à lui seul 6 % des ventes mondiales.
Les trois premières places du classement mondial seraient occupées par l’iPhone 17, l’iPhone 17 Pro Max et l’iPhone 17 Pro. Même l’iPhone 16, pourtant lancé fin 2024, resterait encore dans le Top 10 mondial.
Face à cette domination, Samsung conserve surtout sa présence grâce à ses modèles Galaxy A de milieu de gamme, tandis que Xiaomi parvient à placer son Redmi A5 dans le classement des smartphones les plus vendus.
Une domination qui continue de s’accentuer
Le marché américain du smartphone apparaît désormais plus polarisé que jamais. Apple domine largement le segment premium et renforce encore son avance globale, tandis que Samsung et Motorola consolident progressivement leurs positions sur l’entrée et le milieu de gamme.
Pour les acteurs secondaires, la situation devient de plus en plus compliquée dans un environnement où les coûts augmentent et où les opérateurs concentrent leurs efforts marketing sur un nombre réduit de marques.
Avec une gamme iPhone 17 portée par une forte demande, une politique tarifaire agressive et un écosystème toujours plus verrouillé, Apple semble aujourd’hui solidement installé au sommet du marché américain. Et au vu des tendances actuelles, les prochains trimestres pourraient encore accentuer cet écart avec l’univers Android.

