Publié le  par Philippe

Batteries remplaçables en 2027 : comment Google prépare les smartphones de demain

Batteries remplaçables en 2027 : comment Google prépare les smartphones de demain

Les contraintes réglementaires européennes sont en passe de redessiner en profondeur l’architecture interne des smartphones. À l’horizon 2027, l’Union européenne imposera aux fabricants de rendre les batteries plus facilement remplaçables par les utilisateurs, une exigence qui remet directement en cause les pratiques actuelles de conception fondées sur des coques scellées et des batteries solidement collées. Face à cette mutation annoncée, Google anticipe. Un brevet récemment déposé par la firme de Mountain View dévoile une solution technique ambitieuse, pensée pour concilier réparabilité, durabilité et exigences du haut de gamme moderne.

Une réglementation européenne qui bouscule l’industrie

Adoptée en 2023 puis précisée en 2024, la nouvelle législation européenne sur les batteries vise à améliorer la réparabilité, la collecte et le recyclage des composants énergétiques des appareils électroniques. Contrairement à certaines idées reçues, Bruxelles n’impose pas un retour aux batteries amovibles « à l’ancienne », accessibles en retirant un simple capot. Le texte exige en revanche que les batteries puissent être remplacées par l’utilisateur final à l’aide d’outils courants, sans solvants chimiques ni équipements spécialisés.

Cette nuance est capitale. Elle laisse une marge d’interprétation aux constructeurs, mais condamne de facto les batteries collées au châssis, aujourd’hui omniprésentes sur le marché. Pour des acteurs comme Google, Apple ou Samsung, le défi est de taille : comment rendre la batterie accessible sans sacrifier la finesse, l’étanchéité, la recharge sans fil ou la solidité structurelle des appareils ?

Le brevet de Google : dire adieu à la colle sans renoncer au design

C’est précisément à cette équation que tente de répondre le brevet repéré par Hypertxt.ai, en collaboration avec le leaker XLEAKS7. Google y décrit une architecture interne inédite dans laquelle la batterie n’est plus collée, mais intégrée dans un châssis métallique rigide. Ce cadre joue un double rôle : protéger la cellule énergétique et permettre son extraction sans risque lors d’une opération de maintenance.

La batterie serait maintenue en place par un ensemble de butées mécaniques, de clips et de systèmes de verrouillage, complétés par des ressorts assurant une pression constante contre le corps métallique du smartphone. Ce dispositif garantirait à la fois une connexion électrique stable et une tolérance accrue aux déformations, notamment en cas de choc, de torsion ou de chute.

Autre point clé : le brevet prévoit explicitement l’intégration des bobines de recharge sans fil, démontrant que cette nouvelle architecture n’implique aucun renoncement aux standards premium actuels.

Une réparabilité accrue, mais sans retour aux batteries « libres »

Il ne s’agit pas pour autant d’un retour aux batteries véritablement amovibles que l’on trouvait sur les téléphones d’avant l’ère du smartphone moderne. Le brevet précise que la batterie resterait enfermée à l’intérieur de l’appareil, sous une coque arrière toujours scellée. En revanche, une fois l’appareil ouvert, le retrait de la batterie deviendrait nettement plus simple, plus sûr et moins destructif que les méthodes actuelles, souvent synonymes de batteries pliées, perforées ou irréversiblement endommagées.

Google souligne d’ailleurs dans son dépôt que « le châssis et le sous-ensemble de la batterie peuvent être retirés de l’appareil sans endommager l’adhésif », une formulation qui insiste sur la réduction des risques et des coûts liés aux réparations.

Des implications bien au-delà des smartphones Pixel

L’un des aspects les plus intéressants de ce brevet réside dans sa portée. Google n’envisage pas cette solution uniquement pour ses smartphones Pixel. Les schémas et descriptions techniques mentionnent explicitement une compatibilité avec d’autres catégories de produits : tablettes, ordinateurs portables, objets connectés, et même appareils pliants.

Sur ce dernier point, l’innovation est particulièrement stratégique. Les smartphones pliables posent des défis uniques en matière de maintien de la connexion électrique et de stabilité de la batterie dans un châssis en mouvement permanent. Le système de châssis métallique et de ressorts décrit par Google pourrait offrir une réponse élégante à ces contraintes mécaniques complexes.

Un levier pour renforcer la crédibilité du support longue durée

Cette évolution potentielle prend une résonance particulière dans le contexte de la stratégie logicielle de Google. La firme s’est engagée à offrir jusqu’à sept ans de mises à jour logicielles et de sécurité sur ses Pixel récents. Or, sans possibilité de remplacer facilement la batterie, cette promesse reste en partie théorique, tant la dégradation de l’autonomie demeure l’un des principaux facteurs de renouvellement des smartphones.

En facilitant le remplacement de la batterie, Google pourrait ainsi aligner plus étroitement la durée de vie matérielle de ses appareils avec leur longévité logicielle, tout en répondant aux attentes croissantes des consommateurs en matière de durabilité et de réduction de l’empreinte carbone.

Une tendance de fond dans l’industrie

Google n’est pas seul à explorer ces pistes. Apple a déjà introduit des adhésifs « électriques » facilitant le retrait des batteries sur certains modèles récents, tandis que des acteurs comme Fairphone démontrent depuis plusieurs années qu’un design moderne peut coexister avec une réparabilité exemplaire. La différence, ici, tient à l’échelle : si un géant comme Google adopte ce type d’architecture, l’impact sur l’ensemble du marché pourrait être considérable.

Une étape clé vers des smartphones plus durables

Comme tout brevet, celui-ci ne garantit pas une mise en production immédiate. Néanmoins, il offre un aperçu concret des orientations prises par Google à l’approche de l’échéance européenne de 2027. Loin d’un simple ajustement cosmétique, cette réflexion témoigne d’une volonté de repenser en profondeur l’intégration de l’un des composants les plus critiques et les plus éphémères de nos smartphones.

En cherchant à éliminer la colle au profit de solutions mécaniques robustes, Google esquisse les contours d’une nouvelle génération d’appareils où réparabilité, sécurité et performance ne seraient plus incompatibles. Un virage stratégique qui pourrait bien redéfinir les standards du smartphone haut de gamme à l’ère de la durabilité imposée.


 

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