L'ANFR ordonne le retrait de cinq smartphones en France : Nothing, Infinix, Doogee, AGM et une variante du Galaxy A55 concernés

L'Agence nationale des fréquences (ANFR) a annoncé le retrait immédiat du marché français et le rappel de cinq modèles de smartphones à la suite de contrôles révélant des non-conformités avec la réglementation européenne. Quatre appareils dépassent la limite réglementaire du débit d'absorption spécifique (DAS), tandis qu'une variante du Samsung Galaxy A55 est sanctionnée pour des manquements administratifs jugés majeurs, notamment l'absence de marquage CE.
Cette décision, publiée le 30 juillet 2026, concerne les smartphones AGM Note N1, Doogee N55 Plus, Infinix Smart 9 (X6532), Nothing Phone 3(a) (A059) ainsi que le Samsung Galaxy A55 (SM-A556E/DS). Les fabricants ont été mis en demeure de corriger les non-conformités constatées. Faute de mesures suffisantes, l'ANFR a demandé leur retrait du marché français ainsi que le rappel des appareils déjà commercialisés.
Des dépassements de DAS constatés sur quatre smartphones
Dans le cadre de sa mission de surveillance des équipements radioélectriques, l'ANFR contrôle régulièrement le débit d'absorption spécifique, plus connu sous l'acronyme DAS. Cet indicateur mesure la quantité d'énergie issue des ondes radio absorbée par le corps humain lors de l'utilisation d'un appareil sans fil.
Pour les membres du corps (bras, mains, jambes), la réglementation européenne fixe une limite maximale de 4 W/kg lorsque le téléphone est utilisé au contact du corps.
Les mesures réalisées dans un laboratoire accrédité ont montré que quatre smartphones dépassaient cette valeur :
- AGM Note N1 : 4,44 W/kg
- Doogee N55 Plus : 4,85 W/kg
- Infinix Smart 9 (X6532) : 4,53 W/kg
- Nothing Phone 3(a) : 4,32 W/kg
Ces dépassements ont conduit l'autorité française à demander le retrait immédiat de ces modèles tant dans les magasins physiques que sur les plateformes de vente en ligne.
Le cas particulier du Samsung Galaxy A55
Le cinquième appareil concerné présente une situation différente. Contrairement aux quatre autres smartphones, le Samsung Galaxy A55 (SM-A556E/DS) n'a pas été épinglé pour un dépassement du DAS.
L'ANFR indique que cette variante du smartphone souffre de plusieurs non-conformités administratives : absence de procédure d'évaluation de conformité, documentation technique incomplète et défaut de marquage CE. Selon l'agence, ces manquements sont suffisamment importants pour considérer que ce modèle n'aurait jamais dû être commercialisé sur le territoire français.
En conséquence, aucun test de DAS n'a été réalisé sur cet appareil, l'absence de conformité réglementaire empêchant même son évaluation technique.
Il convient toutefois d'apporter une précision importante. Le modèle officiellement commercialisé par Samsung en France porte la référence SM-A556B/DS. La décision de l'ANFR vise exclusivement la référence SM-A556E/DS, une variante destinée à d'autres marchés internationaux et importée en France par des distributeurs indépendants, notamment la société Valex. Les Galaxy A55 vendus via les circuits officiels français ne sont donc pas concernés par cette mesure.
Pourquoi le DAS est-il surveillé ?
Le contrôle du DAS constitue l'un des principaux outils utilisés par les autorités européennes pour limiter l'exposition du public aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles.
Même si les études scientifiques n'ont pas établi de lien de causalité entre l'utilisation d'un téléphone portable et l'apparition de maladies, les autorités sanitaires appliquent le principe de précaution. Depuis 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), classe les champs électromagnétiques de radiofréquence parmi les agents « peut-être cancérogènes pour l'homme » (groupe 2B), une catégorie qui traduit l'existence d'incertitudes scientifiques sans démontrer un risque avéré.
Dans ce contexte, les fabricants doivent respecter des limites strictes de DAS avant toute commercialisation. En Europe, celles-ci sont fixées à 2 W/kg pour la tête et le tronc et 4 W/kg pour les membres.
Les fabricants mis en demeure, les distributeurs également responsables
L'ANFR a officiellement mis en demeure les sociétés responsables de la mise sur le marché des différents modèles afin qu'elles prennent toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux non-conformités constatées, qu'il s'agisse des appareils encore en vente ou de ceux déjà entre les mains des consommateurs.
En l'absence de réaction des fabricants, la réglementation impose également aux distributeurs de prendre eux-mêmes les mesures de retrait et de rappel. Cette obligation concerne aussi bien les enseignes physiques que les sites de commerce en ligne.
L'agence précise qu'elle poursuit ses contrôles afin de vérifier que les smartphones faisant l'objet d'une décision de retrait ne continuent pas d'être proposés à la vente en France.
Les utilisateurs concernés peuvent être contactés
Les consommateurs ayant acheté l'un des modèles visés par cette décision pourraient être contactés par le fabricant ou par leur revendeur afin d'être informés des modalités de rappel. Les procédures peuvent prévoir un échange, une mise en conformité lorsqu'elle est possible ou un remboursement, selon les décisions prises par chaque constructeur.
Cette nouvelle intervention de l'ANFR illustre le rôle central joué par l'autorité dans la surveillance du marché français des smartphones. Chaque année, des dizaines de modèles sont testés afin de vérifier leur conformité aux exigences européennes, qu'il s'agisse des performances radio, des niveaux d'exposition aux ondes ou du respect des obligations réglementaires indispensables à leur commercialisation.

