Publié le  par La rédaction

La 2G vit ses derniers mois en France : 1,7 million de terminaux encore concernés avant l'extinction du réseau

La 2G vit ses derniers mois en France : 1,7 million de terminaux encore concernés avant l'extinction du réseau

La fin de la 2G se rapproche à grands pas en France métropolitaine. À quelques mois de l’extinction annoncée des réseaux historiques, l’Arcep vient de publier son nouvel observatoire consacré aux cartes SIM encore utilisées dans des terminaux compatibles uniquement avec la 2G, ou avec la 2G et la 3G. Les chiffres montrent une baisse continue du parc, mais plusieurs millions d’appareils restent encore concernés.

1,7 million de terminaux 2G encore actifs fin juin

Le compte à rebours est désormais bien engagé. Alors que les opérateurs français préparent l’arrêt progressif de leurs réseaux 2G et 3G, l’Arcep suit trimestre après trimestre l’évolution du nombre de cartes SIM encore présentes dans des appareils qui ne peuvent pas utiliser les réseaux mobiles plus récents.

Pour mesurer cette transition, le régulateur observe les cartes SIM des clients de Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR utilisées dans des terminaux compatibles uniquement avec la 2G ou avec la 2G et la 3G.

À la fin du mois de juin 2026, 1,7 million de terminaux exclusivement compatibles 2G étaient encore recensés en France métropolitaine. Le chiffre peut sembler important, mais il marque une nette diminution par rapport à l’année précédente. En douze mois, le parc a reculé de 41,4 %, passant d’environ 2,9 millions d’appareils à 1,7 million.

La diminution s’est poursuivie au deuxième trimestre 2026 avec 327 000 terminaux 2G en moins. Le recul était encore plus important au premier trimestre, avec 413 000 appareils de moins. Malgré ce ralentissement en volume, le rythme de baisse reste supérieur à celui observé au cours des deux derniers trimestres de 2025.

Les usages M2M représentent encore une partie importante du parc

Tous les appareils 2G ne sont évidemment pas des téléphones mobiles anciens. Une partie importante du parc correspond à des équipements dits M2M, pour « machine to machine », qui utilisent une connexion mobile pour communiquer automatiquement avec un autre système.

Ces équipements peuvent notamment être utilisés dans des infrastructures, des dispositifs de suivi ou différents systèmes connectés. Leur remplacement constitue donc un enjeu différent de celui d'un simple changement de téléphone.

Sur le seul deuxième trimestre 2026, le nombre de terminaux 2G M2M a diminué de 20,5 %. Sur un an, la baisse atteint 50 %. Les appareils 2G utilisés pour la voix, les SMS et l'internet mobile affichent de leur côté une baisse trimestrielle de 13,7 % et de 35,5 % sur douze mois.

À la fin juin, les équipements M2M exclusivement compatibles 2G ne représentaient plus que 2,4 % de l'ensemble du parc M2M. Pour les terminaux utilisés pour la voix, les SMS et l'internet mobile, la proportion descend à 1,3 %.

Ces chiffres montrent que la transition est déjà largement engagée, même si une quantité non négligeable d'équipements doit encore être renouvelée ou migrée.

La 3G commence elle aussi à accélérer sa disparition

La 2G n'est toutefois pas la seule technologie concernée par cette transition. Les terminaux capables de fonctionner sur les réseaux 3G et 2G commencent eux aussi à disparaître plus rapidement.

À la fin juin 2026, l'Arcep recensait encore 2,24 millions de terminaux compatibles 3G et 2G, avec environ 1,39 million d'appareils M2M et 850 000 terminaux utilisés pour la voix, les SMS et l'internet mobile.

Le recul atteint 283 000 cartes SIM sur le deuxième trimestre, contre 275 000 au trimestre précédent. En proportion, la diminution trimestrielle est ainsi passée de 9,8 % à 11,2 %.

La dynamique est particulièrement marquée du côté des équipements M2M. Leur nombre a diminué de 14,2 % en trois mois, contre 5,8 % pour les terminaux 3G/2G utilisés pour la voix, les SMS et l'internet mobile.

La disparition de la 3G n'est cependant pas aussi proche que celle de la 2G. Les premiers arrêts de réseaux 3G sont actuellement prévus à partir de 2028, ce qui laisse davantage de temps aux opérateurs et aux utilisateurs pour effectuer la transition.

Près de 4 millions de terminaux 2G ou 3G/2G restent à migrer

En additionnant les deux catégories suivies par l'Arcep, le nombre de terminaux encore dépendants des anciennes générations de réseaux mobiles atteint 3,9 millions à fin juin 2026.

Un an auparavant, ce parc s'élevait à environ 5,9 millions d'unités. Il a donc diminué d'environ un tiers en seulement douze mois.

La baisse concerne aussi bien les téléphones et autres appareils utilisés pour les communications classiques que les équipements M2M. Mais la répartition de cette diminution montre que la disparition de la 2G joue actuellement un rôle central dans le mouvement.

Sur le seul deuxième trimestre 2026, les terminaux exclusivement 2G représentent ainsi 54 % de la baisse totale observée parmi les appareils 2G et 3G/2G.

Les opérateurs préparent leurs clients à la fin des anciens réseaux

Cette diminution progressive est directement liée aux campagnes d'information et aux mesures d'accompagnement mises en place par les opérateurs. L'objectif est d'inciter les clients utilisant encore un équipement incompatible avec la 4G ou la 5G à anticiper son remplacement.

Pour les particuliers qui utilisent un vieux téléphone uniquement pour les appels et les SMS, la transition nécessite généralement de passer à un modèle compatible avec les réseaux plus récents. La situation peut être plus complexe pour les entreprises et les gestionnaires d'équipements connectés, qui doivent parfois identifier et remplacer des modules de communication installés dans des dispositifs qui ne sont pas toujours facilement accessibles.

C'est notamment pour suivre cette transition que l'Arcep a mis en place cet observatoire trimestriel. Le régulateur peut ainsi mesurer l'évolution du parc restant et observer l'effet des actions engagées par les opérateurs.

Une extinction qui a déjà commencé dans certains territoires

La disparition de la 2G n'est par ailleurs plus uniquement théorique. Alors que l'échéance nationale approche, les premières extinctions sont déjà effectives dans plusieurs départements du Sud-Ouest.

La fin progressive de ces réseaux répond à une évolution générale des infrastructures mobiles. Les opérateurs doivent composer avec un nombre croissant d'usages reposant sur la 4G et la 5G, tandis que maintenir plusieurs générations technologiques en parallèle mobilise des fréquences et des infrastructures.

La fermeture des anciennes technologies doit notamment permettre de réaffecter progressivement certaines ressources aux réseaux plus récents.

Pourquoi la transition concerne aussi des appareils qui ne ressemblent pas à des smartphones

Lorsque l'on évoque la disparition de la 2G et de la 3G, l'image qui vient spontanément à l'esprit est celle d'un vieux téléphone portable. Les chiffres de l'Arcep montrent pourtant que le problème dépasse largement les téléphones classiques.

La présence de plusieurs millions de cartes SIM dans des équipements M2M rappelle que les anciennes générations de réseaux sont encore utilisées par une multitude de dispositifs connectés. Certains peuvent avoir une durée de vie nettement supérieure à celle d'un smartphone et ne sont pas nécessairement remplacés au même rythme.

La transition vers la 4G ou la 5G nécessite donc parfois une intervention technique spécifique. Pour les entreprises, l'arrêt d'un réseau peut ainsi impliquer un inventaire des équipements, le remplacement des modules de communication et l'adaptation de certaines installations.

La prochaine étape sera désormais la disparition complète de la 2G

Avec 1,7 million de terminaux exclusivement 2G encore recensés fin juin, le mouvement est loin d'être terminé, mais l'évolution observée sur un an confirme une accélération de la migration.

La situation est différente pour les terminaux 3G/2G, dont le nombre continue également de diminuer, mais pour lesquels l'échéance se situe plus loin dans le calendrier. Les premiers arrêts de réseaux 3G sont attendus à partir de 2028.

L'Arcep poursuivra son suivi trimestriel afin de mesurer l'évolution de ces différents parcs. Les calendriers communiqués par les opérateurs concernant l'extinction des réseaux 2G et 3G sont également disponibles auprès du régulateur.

Pour les utilisateurs d'un ancien téléphone ou d'un équipement connecté, l'enjeu est donc désormais concret : la compatibilité avec la 4G ou la 5G va progressivement devenir indispensable pour continuer à bénéficier d'un service mobile lorsque les réseaux 2G et 3G seront définitivement arrêtés.

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