Publié le  par La rédaction

Réseaux mobiles : la 5G franchit un nouveau cap tandis que la 3G s'efface progressivement

Réseaux mobiles : la 5G franchit un nouveau cap tandis que la 3G s'efface progressivement

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) poursuit l’évolution de son observatoire des réseaux mobiles afin de mieux refléter la profonde mutation des infrastructures de télécommunications en France. Alors que les opérateurs accélèrent le déploiement de la 5G et consolident leurs réseaux 4G, les technologies plus anciennes amorcent progressivement leur retrait du paysage numérique français.

Au 1er juin 2026, la France compte 72 379 sites de réseaux mobiles autorisés toutes générations confondues. Derrière ce chiffre se dessine une tendance de fond : la montée en puissance des réseaux de nouvelle génération, tandis que la 2G et la 3G entrent progressivement dans une phase de déclin annoncée depuis plusieurs années.

La 5G continue sa progression sur l’ensemble du territoire

Le déploiement de la 5G poursuit son avancée à un rythme régulier. Selon les dernières données de l’ANFR, 55 365 sites 5G sont désormais autorisés en France, dont 1 385 situés dans les territoires ultramarins.

Parmi ces installations, 49 004 sont déjà déclarées techniquement opérationnelles par les opérateurs mobiles. Cela représente un taux d’activation particulièrement élevé, puisque 88,5 % des sites autorisés sont effectivement en mesure de fournir un service 5G.

La progression observée au cours du mois de mai reste modérée mais constante, avec une hausse de 0,6 % du nombre de sites autorisés. Cette évolution témoigne d’un marché désormais entré dans une phase de densification et d’optimisation des infrastructures plutôt que dans une logique de déploiement massif comparable aux premières années de la 5G.

Un élément marquant ressort également des statistiques de l’ANFR : la quasi-totalité des équipements 5G est installée sur des infrastructures déjà existantes. Les opérateurs privilégient ainsi la modernisation de pylônes accueillant déjà la 2G, la 3G ou la 4G. Seuls dix sites sur l’ensemble du territoire sont aujourd’hui exclusivement dédiés à la 5G.

Trois bandes de fréquences au cœur du réseau 5G français

Le développement de la 5G repose actuellement sur trois bandes de fréquences principales, chacune répondant à des objectifs différents en matière de couverture et de performances.

La bande des 700 MHz demeure celle qui couvre le plus grand nombre de sites. Elle totalise 36 174 autorisations, dont 31 168 sites opérationnels. Cette fréquence basse permet principalement d’étendre la couverture géographique, notamment dans les zones moins denses.

La bande des 2,1 GHz poursuit également sa montée en charge avec 27 585 sites autorisés et 22 565 déjà actifs. Elle constitue un compromis entre couverture et capacité de transmission.

La bande des 3,5 GHz reste toutefois la pierre angulaire de la véritable expérience 5G. Avec 37 803 sites autorisés, dont 33 238 opérationnels, elle offre les débits les plus élevés et les gains de capacité les plus importants. C’est sur cette fréquence que reposent la majorité des usages avancés de la cinquième génération mobile.

Le total par bande dépasse naturellement le nombre réel de supports déployés, certains sites hébergeant simultanément plusieurs fréquences.

La 4G atteint un niveau de maturité exceptionnel

Si la 5G attire l’attention, la 4G demeure aujourd’hui le socle principal de la connectivité mobile en France. Les chiffres publiés par l’ANFR montrent que cette technologie a atteint un niveau de couverture particulièrement élevé.

Au 1er juin 2026, 72 187 sites 4G sont autorisés sur l’ensemble du territoire national. En métropole, 68 472 sites disposent d’une autorisation, dont 64 698 sont effectivement en service.

Le rythme de déploiement ralentit logiquement, la couverture étant désormais très avancée. Les mises en service ont progressé de 0,3 % au cours du mois de mai.

Orange conserve la première place en nombre de sites 4G actifs avec 32 760 installations. Bouygues Telecom suit avec 31 649 sites, tandis que Free Mobile atteint désormais 31 128 sites. SFR complète le classement avec 30 708 sites en service.

Les écarts entre les opérateurs se réduisent progressivement, signe d’une couverture désormais largement homogène sur la majeure partie du territoire métropolitain.

Dans les départements et collectivités d’Outre-Mer, la 4G poursuit également son développement avec 3 706 sites autorisés, dont 3 582 déjà en exploitation.

La 3G entre dans sa phase de retrait

L’évolution la plus significative concerne désormais la 3G. Longtemps pilier de l’internet mobile, cette technologie voit progressivement son empreinte diminuer.

Au 1er juin, 54 664 sites 3G sont encore déclarés en service en France, dont 51 246 en métropole. Le nombre de sites métropolitains a reculé de 0,2 % au cours du mois de mai, confirmant une tendance engagée depuis l’annonce des plans d’extinction par plusieurs opérateurs.

Bouygues Telecom enregistre la baisse la plus marquée avec la fermeture nette de 175 sites durant le mois. À l’inverse, Free Mobile, Orange et SFR affichent encore quelques ajustements positifs localisés, liés à des opérations d’optimisation ou de réorganisation du réseau.

Cette phase de transition devrait s’accélérer dans les prochaines années. Les fréquences actuellement utilisées par la 3G représentent un actif précieux pour les opérateurs, qui cherchent à les réallouer vers la 4G et surtout la 5G afin d’améliorer les performances globales de leurs réseaux.

La 2G poursuit également son effacement progressif

La technologie 2G, lancée en France dans les années 1990, suit elle aussi la voie de l’extinction progressive.

Au 1er juin 2026, 38 043 sites 2G restent en service sur le territoire national, dont 35 565 en métropole. Durant le seul mois de mai, 85 sites ont été retirés du service en France métropolitaine.

Même si la disparition de la 2G sera plus progressive que celle de la 3G en raison de certains usages spécifiques  notamment dans l’Internet des objets ou certains équipements industriels, la tendance reste clairement orientée vers une réduction continue de cette technologie historique.

Une transition désormais bien engagée

Les chiffres publiés par l’ANFR illustrent la nouvelle étape franchie par les réseaux mobiles français. La période n’est plus seulement celle du déploiement massif de la 5G, mais également celle de la rationalisation des infrastructures existantes.

La 4G demeure la colonne vertébrale des communications mobiles, la 5G poursuit sa montée en puissance avec près de 50 000 sites opérationnels, tandis que la 3G et la 2G amorcent leur retrait progressif. Cette réorganisation du spectre radioélectrique doit permettre aux opérateurs d’améliorer l’efficacité de leurs réseaux et de répondre à l’augmentation continue des besoins en connectivité des particuliers, des entreprises et des objets connectés.

L’observatoire de l’ANFR met ainsi en lumière une réalité désormais incontestable : le paysage mobile français est entré dans une nouvelle phase de son évolution, où la modernisation des infrastructures s’accompagne progressivement de la disparition des technologies qui ont marqué les premières décennies de l’internet mobile.

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