Publié le  par Philippe

Après 17 ans de gratuitité, WhatsApp pourrait vous faire payer pour supprimer les publicités

Après 17 ans de gratuitité, WhatsApp pourrait vous faire payer pour supprimer les publicités

Longtemps perçue comme une messagerie à part dans l’écosystème numérique, WhatsApp semblait protégée des logiques de monétisation agressives qui dominent les réseaux sociaux. Gratuite, sans publicité et centrée sur la simplicité des échanges privés, l’application avait conservé, pendant plus de quinze ans, une identité singulière. Mais depuis son rachat par Meta, cette exception s’effrite progressivement. L’arrivée de la publicité dans certains espaces de l’application, puis la découverte récente d’indices évoquant un abonnement payant, confirment un changement de paradigme désormais assumé.

La publicité s’installe progressivement dans WhatsApp

Depuis l’été 2025, Meta a commencé à introduire des formats publicitaires dans WhatsApp, une première dans l’histoire du service. Pour l’instant, ces annonces se limitent à l’onglet Actus, plus précisément aux sections Statuts et Chaînes. Meta insiste sur un point clé : les conversations privées, les appels et les messages restent chiffrés de bout en bout et ne sont pas concernés par cette monétisation.

Ce découpage n’a rien d’anodin. En isolant les publicités dans des espaces proches des usages sociaux de Facebook et Instagram, Meta cherche à préserver l’image sécurisée de WhatsApp tout en ouvrant de nouveaux relais de revenus. Une approche prudente, mais qui n’a pas suffi à rassurer l’ensemble des utilisateurs, notamment en Europe, où WhatsApp compte désormais plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels.

Un abonnement sans publicité repéré dans le code de l’application

La controverse a pris une nouvelle ampleur début 2026, après les révélations du média spécialisé Android Authority. En analysant la version bêta 2.26.3.9 de WhatsApp, plusieurs lignes de code explicites ont été mises au jour. Elles évoquent clairement la mise en place d’un abonnement mensuel permettant de supprimer les publicités dans les Statuts et les Chaînes.

Parmi les messages internes repérés figure une formulation sans ambiguïté : l’utilisateur est invité à accepter un prix mensuel pour une expérience sans publicité, ou à continuer d’utiliser ces fonctionnalités gratuitement, avec des annonces. Le principe est limpide et rappelle une mécanique désormais bien connue dans l’industrie numérique : proposer un service gratuit dégradé, puis monétiser le confort.

Les extraits de code suggèrent également des ajustements tarifaires en fonction de paramètres comme l’âge de l’utilisateur ou l’intégration du compte WhatsApp au centre de comptes de Meta. Certains éléments laissent entendre que les utilisateurs mineurs pourraient être exemptés de publicité, même sans abonnement, un point encore non confirmé officiellement.

Une stratégie déjà éprouvée par Meta

Ce projet s’inscrit dans la continuité directe de la stratégie déployée par Meta sur Facebook et Instagram depuis 2023. Confronté aux exigences européennes en matière de protection des données, le groupe avait alors lancé un abonnement payant permettant de naviguer sur ses plateformes sans publicité. Les tarifs pratiqués donnent une indication des ordres de grandeur envisagés : 5,99 euros par mois sur le web, jusqu’à 7,99 euros via les boutiques d’applications.

Même si aucun prix n’a encore été communiqué pour WhatsApp, la cohérence de l’écosystème Meta plaide en faveur d’un positionnement similaire. L’objectif est clair : diversifier les sources de revenus au-delà de la publicité traditionnelle, tout en capitalisant sur une base d’utilisateurs massive et captive.

Une arrivée progressive, notamment en Europe et en France

En France, les publicités ne sont pas encore visibles dans WhatsApp. Meta évoque un déploiement progressif à partir de 2026, sous réserve de discussions avec les autorités européennes. L’entreprise assure que les utilisateurs qui se limitent aux messages et aux appels ne verront aucun changement dans leur expérience quotidienne.

Cette prudence réglementaire n’empêche pas Meta d’avancer ses pions. Après l’introduction des publicités sur Threads et le développement de Meta AI dans l’ensemble de ses applications, le groupe semble déterminé à appliquer à WhatsApp les mêmes recettes que sur ses autres plateformes phares.

Au-delà de la publicité, des abonnements orientés IA et fonctionnalités premium

Parallèlement à l’abonnement sans publicité, Meta teste également des formules premium plus larges sur Facebook, Instagram et WhatsApp. Selon plusieurs rapports, ces offres visent à proposer des fonctionnalités avancées axées sur la productivité, la créativité et l’intelligence artificielle.

Sur Instagram, cela pourrait passer par des outils de gestion d’audience étendus ou des options de consultation anonymes. Sur WhatsApp, les expérimentations se concentreraient davantage sur des outils professionnels et une assistance numérique avancée, intégrant notamment Manus, un agent IA récemment acquis pour plusieurs milliards de dollars. Certaines fonctionnalités, comme la génération de contenus via l’outil Vibes, pourraient adopter un modèle freemium, avec un quota gratuit et des options payantes.

Un modèle hybride qui interroge les utilisateurs

Après plus de 17 ans de gratuité, WhatsApp s’apprête donc à franchir un cap symbolique. La logique est désormais bien installée dans l’économie numérique : introduire une nuisance modérée, puis proposer un abonnement pour s’en affranchir. YouTube, Snapchat ou encore Instagram ont démontré la viabilité de ce modèle hybride, mais aussi les résistances qu’il suscite.

La question centrale reste celle de l’acceptation par les utilisateurs. Entre la fatigue face à la multiplication des abonnements mensuels et l’attachement à un service historiquement gratuit, Meta avance sur une ligne de crête. Certains choisiront de payer pour préserver une expérience épurée, d’autres resteront sur le mode gratuit, tandis qu’une partie pourrait se tourner vers des alternatives comme Signal ou Telegram.

WhatsApp n’est plus une exception. En s’alignant sur la stratégie globale de Meta, la messagerie entre dans une nouvelle ère, où la gratuité totale appartient désormais au passé.

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Après 17 ans de gratuitité, WhatsApp pourrait vous faire payer pour supprimer les publicités Crédit Photo : Android Authority

 
 

 
 
 
 
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