Les smartphones bientôt interdits dans les lycées : ce qui va changer dès la rentrée

La rentrée scolaire 2026 s’annonce différente pour les lycéens. À partir de septembre, l’utilisation des téléphones portables et des autres objets connectés sera interdite dans les lycées, dans le cadre d’une extension à l’ensemble du secondaire des règles déjà appliquées dans les écoles et les collèges. La mesure, inscrite dans la loi promulguée le 24 août, intervient alors que le gouvernement cherche à renforcer la protection des jeunes face aux effets d’un usage jugé excessif des écrans.
Le calendrier est particulièrement symbolique. Alors que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel avant même son entrée en application, l’exécutif a choisi de maintenir une partie importante de son dispositif de protection des mineurs. Le téléphone portable devient ainsi la principale cible de la rentrée dans les établissements scolaires.
Une interdiction qui concernera désormais aussi les lycées
Jusqu’à présent, le Code de l’éducation interdisait l’utilisation des téléphones mobiles dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges. Dans les lycées, la situation était différente : chaque établissement pouvait décider, via son règlement intérieur, d’interdire ou de limiter l’usage des appareils.
Cette différence disparaît avec la nouvelle loi. À compter de la rentrée scolaire 2026-2027, le principe d’interdiction est étendu aux lycées. Le nouvel article L. 511-5 du Code de l’éducation prévoit désormais que l’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques est interdite dans les écoles, les collèges et les lycées. La règle s’applique également pendant les activités liées à l’enseignement lorsqu’elles se déroulent à l’extérieur de l’établissement.
Il ne s’agit donc pas uniquement de couper les notifications pendant les cours. Le cadre légal vise plus largement l’utilisation des téléphones et des objets connectés par les élèves pendant le temps scolaire.
Une mesure qui entrera en vigueur dès la rentrée
La loi visant à protéger les mineurs des risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux a été promulguée le 24 août 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain. Son article consacré aux téléphones modifie directement le Code de l’éducation, avec une entrée en vigueur prévue à la rentrée scolaire 2026-2027.
Les établissements disposent donc de très peu de temps pour finaliser leur organisation. Chaque lycée doit préciser dans son règlement intérieur les modalités concrètes de mise en œuvre de l'interdiction, ainsi que les éventuelles exceptions.
Le gouvernement laisse volontairement une marge d’adaptation aux établissements. Tous les lycées devront appliquer le principe général, mais les modalités pratiques pourront varier selon leur organisation et leurs contraintes.
Où devront aller les téléphones ?
C’est l’un des principaux sujets auxquels les établissements doivent désormais répondre. La loi interdit l’utilisation, mais les lycées doivent déterminer concrètement comment empêcher les téléphones de rester accessibles pendant la journée.
Plusieurs solutions sont envisageables. Certains établissements pourront mettre en place des casiers individuels dans lesquels les élèves déposeront leur appareil en arrivant. D’autres pourront utiliser des boîtes collectives ou des pochettes individuelles permettant de conserver le téléphone avec soi tout en empêchant son utilisation.
Le choix de l’organisation ne sera donc pas identique partout. L’objectif est de parvenir au même résultat : empêcher l’utilisation du téléphone pendant le temps scolaire tout en laissant aux équipes la possibilité de tenir compte des réalités locales.
Cette souplesse sera particulièrement importante dans les grands établissements, où plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’élèves peuvent devoir déposer ou sécuriser simultanément leur appareil.
Le téléphone ne disparaît pas complètement du lycée
L’interdiction ne signifie pas que les smartphones deviennent totalement inutilisables dans toutes les circonstances.
Le règlement intérieur pourra prévoir des exceptions, notamment lorsque le téléphone est nécessaire pour un usage pédagogique. Un enseignant pourra ainsi autoriser ponctuellement les élèves à utiliser leur appareil dans le cadre d’une activité scolaire encadrée.
Des adaptations pourront également être prévues pour certaines nécessités administratives ou organisationnelles. Le fonctionnement du centre de documentation et d’information, de la restauration ou encore de l’hébergement peut notamment justifier des règles particulières.
Les établissements devront donc trouver un équilibre entre une interdiction suffisamment stricte pour être réellement appliquée et la possibilité de conserver certains usages numériques lorsque ceux-ci présentent un intérêt pédagogique ou pratique.
- Les étudiants de BTS et de classes préparatoires ne sont pas concernés de la même manière
- La situation sera également particulière dans les lycées qui accueillent des formations de l’enseignement supérieur.
Les étudiants inscrits notamment en sections de techniciens supérieurs ou en classes préparatoires aux grandes écoles pourront bénéficier de dispositions spécifiques. Le règlement intérieur pourra prévoir un régime différent pour ces publics, afin de tenir compte de leur statut et des besoins propres à leurs formations.
Le principe d’interdiction vise donc avant tout les élèves relevant de l’enseignement secondaire, avec une possibilité d’adaptation pour les formations post-baccalauréat hébergées dans les lycées.
Des exceptions pour des raisons médicales
Une autre exception est prévue directement par le cadre légal. Les élèves en situation de handicap ou présentant un trouble de santé invalidant pourront continuer à utiliser les équipements nécessaires dans les conditions prévues par le Code de l’éducation.
Cette disposition permet notamment de ne pas transformer l’interdiction en obstacle à la scolarisation ou à l’accompagnement d’élèves ayant besoin d’un appareil numérique pour des raisons liées à leur situation.
Les établissements devront donc intégrer ces cas particuliers dans leur organisation et veiller à ce que l’application de la règle reste proportionnée.
Que risque un lycéen qui utilise son téléphone ?
Le texte prévoit la possibilité de confisquer l’appareil en cas de non-respect des règles. Les modalités de confiscation et de restitution doivent être précisées dans le règlement intérieur de chaque établissement.
La réponse apportée par le lycée doit également rester adaptée à la situation. Une confiscation temporaire peut être décidée, tandis qu’un comportement répété peut éventuellement entraîner une réponse disciplinaire selon les règles de l’établissement.
Il appartiendra donc aux équipes éducatives de définir une politique suffisamment claire pour éviter que chaque incident ne donne lieu à une interprétation différente.
Pourquoi le gouvernement veut éloigner les smartphones des élèves
Derrière cette réforme se trouve une volonté plus large de réduire la place du smartphone dans la vie scolaire.
Le gouvernement met en avant plusieurs objectifs : améliorer la concentration, favoriser les apprentissages, renforcer les relations entre élèves et contribuer à un meilleur climat scolaire. La limitation du téléphone doit également permettre de réduire certaines situations liées au cyberharcèlement et à l’exposition à des contenus violents pendant le temps scolaire.
La question dépasse donc largement celle des appels et des messages. Le smartphone est devenu un accès permanent aux réseaux sociaux, aux vidéos, aux jeux, aux notifications et à une multitude de contenus susceptibles de détourner l’attention des élèves.
Le gouvernement inscrit cette politique dans une démarche plus globale de « numérique raisonné », avec l’objectif de mieux encadrer l’exposition aux écrans et d’apprendre aux jeunes à utiliser les outils numériques de manière plus maîtrisée.
Une réforme qui arrive après la censure de l’interdiction des réseaux sociaux
Le contexte politique donne à cette mesure une portée particulière. Le Parlement avait adopté en juillet un texte visant notamment à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Conseil constitutionnel a toutefois censuré cette partie du dispositif le 14 août, considérant que l’atteinte portée à la liberté d’expression des jeunes concernés était disproportionnée.
Cette décision n’a pas entraîné la disparition de l’ensemble de la loi. Le texte a finalement été promulgué le 24 août et son volet consacré à l’utilisation des téléphones dans les établissements scolaires a été conservé.
Le gouvernement peut ainsi mettre en œuvre immédiatement une mesure destinée à limiter l’accès des adolescents aux écrans pendant le temps scolaire, alors que la question de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans doit être retravaillée.
Un nouveau texte doit être préparé afin de tenir compte des observations formulées par le Conseil constitutionnel. Son éventuelle entrée en vigueur ne devrait toutefois pas intervenir avant le printemps 2027.
Le lycée sans smartphone devient la nouvelle norme
Avec cette réforme, la France franchit donc une nouvelle étape dans sa politique de régulation des écrans à l’école. Depuis 2018, les téléphones étaient déjà interdits dans les écoles et les collèges, avec certaines exceptions. À partir de la rentrée 2026, cette logique s’étend officiellement au lycée. Le ministère de l’Éducation nationale présente désormais le parcours scolaire comme une scolarité sans téléphone, de la maternelle jusqu’au lycée.
La différence avec les années précédentes est importante : dans les lycées, l’interdiction ne repose plus uniquement sur la décision individuelle des établissements. Elle devient la règle inscrite dans le Code de l’éducation.
Pour les élèves, la rentrée va donc marquer un changement concret dans les habitudes quotidiennes. Le smartphone pourra toujours accompagner le trajet jusqu’au lycée, mais son utilisation pendant le temps scolaire sera désormais soumise à un cadre beaucoup plus strict.
La mesure place également les établissements face à un défi très pratique : faire respecter une interdiction nationale tout en tenant compte des usages pédagogiques, des besoins médicaux, des formations particulières et de l’organisation propre à chaque lycée.
Une chose est désormais certaine : à partir de la rentrée 2026, le téléphone portable ne sera plus considéré comme un simple objet dont chaque lycée peut librement décider de l’usage. Dans les établissements du secondaire, son utilisation entre désormais dans le champ d’une interdiction nationale, avec des exceptions précisément encadrées.
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